Ambiance frigide

pour le marché de Noël de Crest

par Alex Vernes.
Mis à jour le lundi 18 décembre 2017

Il faisait si froid et humide que trois rennes, deux Lapones et plusieurs Père Noël avaient fait le déplacement pour la foire du solstice d’hiver de Crest ces 16 et 17 décembre.

Noël ! Une fête plus antique que cent mille solstices !
Depuis deux millénaires seulement se répand la légende
que Noël commémore la naissance de Jésus.
Il fonda malgré lui une religion dont le symbole
est celui de sa propre torture, la croix !

Ce fut, ah oui ! une véritable torture
que d’écouter la bande-son du marché de Noël :
prières frigides massacrées sans inspiration, reprises languissantes,
striant l’oreille parfois d’une fausse note soutenue,
formaient de longs tunnels sirupeux et moroses
invitant le badaud, déjà ankylosé,
à passer son chemin.
Et quand la bande-son s’essaya à une bossa nova de Noël,
il manquait le pitch, il manquait le tempo, il manquait le talent !
Ainsi furent écartelées nos esgourdes.
Qui a pu composer ce brouet ?

Certes il y eut des fées, décorées de lumière,
qui souriaient aux passants en parcourant la Grand’rue.
Mais prestations festives louées à l’extérieur,
comme si Crest et l’entour
manquaient de musiciens et d’artistes de rue !
Peu d’artisans créateurs en fait,
pour une cité labellisée « Ville et Métiers d’Art »,
et plus de mangeaille qu’il n’en fallait aux trop rares chalands.

Près de l’église, on rencontrait l’association des parents d’élève
de l’école Georges Brassens (face au désormais magasin "Action"),
venue vendre des bibelots de bois joliment tournés
et des tickets de tombola à 2 Euros pour un projet d’école.

Sous une chapka, un escogriffe maigre
prétendait obtenir le billet pour 1 Euro !
Le goujat est connu
pour ne pas régler ses additions dans les bars de la ville.
Une sorte de dû, selon lui.
Ou seraient-ce des oursins dans les poches ?
Dépenser, oui, si c’est l’argent des autres !
Il aime à se vêtir, lors des fêtes médiévales,
d’une longue robe de seigneur.
Campé dans la Grand’rue sous la forteresse avec sa Dame,
il se berce de l’illusion régressive de sentir son « fief »,
comme disent les journalistes,
tourner autour de lui !

C’est minable, archaïque, glauque, lamentable.
En attendant mieux, c’est ainsi.
C’est à l’image de la bande-son du marché de Noël.
Comment autant manquer de talents musicaux
dans une région où, comme dit l’antique dicton populaire,
« tu retournes une pierre, tu trouves un musicien » ?

Pire encore que la médiocrité musicale,
il y eut cette répétition insupportable de psalmodies religieuses
au sein d’une bande musicale à usage commercial et public.
Ne mélangeons pas tout !
Une foire commerciale est une foire commerciale.
Un événement cultuel est un événement cultuel.
Leur périmètre n’est pas le même.
La foire commerciale dans les rues.
Le culte dans les églises, les mosquées, les synagogues,
les temples, les assemblées ou foyers privés.

C’est une foire OU une célébration,
mais pas les deux. Le mélange est à fuir.

Rappelons que par une loi d’harmonie civile consensuelle
précisant les rapports des confessions et de l’Etat
sous le mandat de la Nation,
- sujet ô combien sensible dans nos régions où des protestants moururent pour leur foi –
il est prohibé d’utiliser les moyens publics pour faire,
- au surplus sur la voie publique -
la propagande de tel ou tel parti, de telle ou telle religion,
de telle ou telle église, de telle ou telle secte.
La présence de trop de messages religieux
au sein d’une bande-son destinée
à un usage commercial public
contrevient à la Loi.

Usage à mettre au ban donc,
en bazardant avec cette bande mièvre et ankylosante !

Il y a probablement des talents locaux prêts à s’exprimer
qui pourraient vouloir relever le défi
d’un programme sonore commercial
bien balancé, festif et inspiré
pour la foire artisanale du solstice d’hiver 2018.


1 Message

  • Ambiance frigide Le 18 décembre 2017 à 18:37, par DeNuit&DeJour

    Merci pour cet article qui reflète bien ce que pense beaucoup tout bas. J’ai ouïe dire que d’aucun, victimes collatérales, de ce bloubi boulga musical en ont pété un câble. ces pauvres bougres zombifiés par l’infernal ritournelle sont passés du statut de pété à celui de couper. Heureusement une délatrice veillait au grain, la maréchaussée municipale, promptement informée, eu tôt fait de se faire livrer l’un des protagoniste de l’acte hautement malveillant. Je suis content de pouvoir compter sur eux et je pourrais de nouveau me laisser bercer par la ritournelle qui viendra de nouveau remplir le vide de mon cerveau absent. J’espère qu’ils ne séviront plus et qu’ils ne leurs prennent la néfaste idée de pirater le système en balançant dans les câbles du Jimi Hendrix ou autre Bob Marley.

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